Pour conseilscitoyens.fr, Hélène Geoffroy, secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville, fait le bilan de la Rentrée citoyenne engagée à l'automne 2016 et plus largement celui de la mise en place des conseils citoyens, esquissant des pistes pour l'avenir.

Quel bilan faites-vous de la Rentrée citoyenne?

La Rentrée citoyenne a réuni pour la toute première fois des conseillers citoyens venus de toute la France. En cela, elle a été un moment fort de notre action pour les quartiers populaires, à la fois pour les conseillers citoyens mais aussi pour les membres du gouvernement. Car, à travers la multitude de rencontres qui ont composé la Rentrée citoyenne, j'ai eu à cœur de montrer que la politique de la ville doit être portée non seulement par le Ministère de la Ville, mais aussi par tous les ministères concernés. Pour cela, nous avons fait en sorte que des représentants d'autres ministères soient associés autant que possible à ces rencontres, et tous ont pu constater l'incroyable énergie des citoyens que nous avons rencontrés. Une fois de plus, nous avons eu la preuve que, dans nos quartiers populaires, les gens ont quantité d'initiatives, de projets pour construire l'avenir de ces quartiers et même au-delà. Nous en avons fait la démonstration: nos quartiers inspirent la France

Avec la Rentrée citoyenne, nous avons également pu être à l’écoute des conseillers citoyens afin de leur donner encore davantage les moyens de leurs ambitions. Par exemple, j’ai très souvent entendu à l’occasion des rencontres locales qui se sont tenues sur tout le territoire: « On est très contents que la loi nous ait donné une possibilité d'agir, mais on ne sait pas comment faire ». Pour répondre à cette demande forte, la Rentrée citoyenne a permis de débloquer une enveloppe de 5 millions d'euros en 2016 pour la formation des conseillers citoyens, enveloppe reconduite en 2017, ce à quoi se sont ajoutés 2 millions pour des formations dans le cadre de l'Ecole du renouvellement urbain.

En résumé, le bilan que je dresse de la Rentrée citoyenne est double: à la fois une prise de conscience de la part des conseillers citoyens du pouvoir d'agir nouveau que leur donne la loi, mais également une prise en compte de cette effervescence par les pouvoirs publics, qui s'est notamment traduite par le discours très apprécié de François Hollande le 27 octobre dernier, lors du Forum national des conseils citoyens.

Plus globalement quel bilan faites-vous de la mise en place des conseils citoyens?

Les conseils citoyens constituent une avancée majeure de la loi Lamy. Depuis, leur installation, nous avons œuvré afin qu’ils soient complètement reconnus par les pouvoirs publics. Il reste maintenant à faire en sorte qu'ils soient davantage connus et reconnus par les habitants eux-mêmes. Cela pourrait prendre la forme de campagnes de communication nationales, mais c'est une tâche que je suis obligée de laisser à mes successeurs, et je compte sur les conseillers citoyens pour le leur rappeler (Rires)! Je pense en outre que les conseils citoyens constituent une innovation sur le plan démocratique, qui est appelée à s'étendre dans d'autres domaines. Alors que les premiers conseils n'ont été créés qu'en 2015, il en existe aujourd'hui plus de 1 100, ce qui représente près de 20 000 personnes engagées pour leur quartier. C'est une force extraordinaire !

Comment voyez-vous l'avenir des conseils citoyens?

Je suis optimiste pour la suite. Néanmoins, il ne faut jamais oublier que ce qu'une loi a fait, une autre loi peut le défaire. C'est la raison pour laquelle les habitants doivent continuer à s'investir dans les conseils citoyens, car leur participation est la meilleure garantie de pérennité. Par ailleurs, nous avons créé un certain nombre de points d'appui pour garantir leur existence. Je pense en particulier au Comité national de suivi des conseils citoyens qui va être intégré au Conseil national des villes (CNV), qui est une instance indépendante, en capacité d'interpeler les pouvoirs publics. Plus encore, la circulaire du 2 février 2017 concernant les conseils citoyens, rappelle le droit d'interpellation des préfets que leur a donné la loi « Egalité et citoyenneté », ainsi que l'obligation de les réunir au moins une fois par an à l'échelle départementale inscrite dans la circulaire du 26 janvier 2017.

Quel message voudriez-vous faire passer aux conseillers citoyens?

J'ai envie de leur dire que je leur fais confiance pour la suite car j’en ai la profonde conviction: le meilleur gage de pérennité des conseils citoyens, c'est l’engagement inébranlable de ceux qui s’y investissent pour leur quartier. Et je sais que lorsque l'on donne la possibilité d'agir aux gens, ils la prennent, même quand ils sont en difficulté, comme peuvent l'être certains habitants dans nos quartiers populaires. J'ai envie de leur dire de s'accrocher, même quand c'est dur, et de se souvenir de la force qu'ils ont nous donné à voir lors du Forum national du 27 octobre dernier. Je vois que désormais une large majorité d'élus locaux, qui pouvaient être perplexes face à une nouvelle forme de participation saluent l’implication de nouveaux habitants. En voyant cela, je me dis que l'action publique a vraiment du sens.

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